Aujourd’hui, nous rejoignons Noriko et Hatsune à Kyoto et allons célébrer ensemble le Setsubun-sai puis dînerons à la maison avec toute la famille. Son mari Kenji nous attend avec leur fils Ryota-kun.

C’est à bord de l’élégant Hankyu que nous y allons. Direction Karasuma !

Nous nous faisions une joie d’aller à Kyoto, mais nous avons été déçus par l’ambiance. Nous pensions pouvoir déjeuner tranquillement dans une petite échoppe traditionnelle, mais cela a été impossible, à cause d’une véritable marée humaine de touristes, et une offre qui s’adapte à la demande : prolifération de marchandises de qualité douteuse « façon japonaise » (beignets de surimi à la place des fameux kani-no-tempura que nous apprécions tant) et prix en visible augmentation !

Nous n’avions jamais vu ça auparavant :

Hatsune et Apolline ont quand même l’opportunité de se procurer un bol de fraises au chocolat ma-tcha, pour la route…

Pour ne pas gâcher la joie de nous retrouver, nous filons tout de suite en bus à Yoshoida-Jinja, quartier de l’université de Kyoto.


Nous allons nous balader entre les stands du Setsubun-sai : des petites boutiques éphémères montées à l’occasion de cette fête, où l’on peut acheter des friandises ou de petites collations : fraises au chocolat, kara-age, tako-sen…




Un… « raisin d’amour » ?



Est ce-que ça ne ressemblerait pas tout simplement à une fête foraine ?

Edouard s’essaye au tir à la carabine au bouchon de liège.
Setsubun-sai
D’aucuns prétendent que c’est une fête qui célèbre le passage des saisons, en l’occurrence l’arrivée du printemps – c’est ce que la fête d’origine chinoise a introduit au Japon au 9e siècle – mais il s’agit surtout d’une très ancienne tradition d’exorcisme, qui permet de chasser les mauvais esprits avec un lancer de graines de soja (daizu), que l’on appelle en cette circonstance « setsubun-mame ». C’est au 14e siècle que la première célébration shintoïste a eu lieu dans ce temple à Kyoto (1336) :


Petite ablution rituelle…

Et petite prière pour demander une faveur aux dieux (moyennant une jeter de piécette) :

Plus loin, on dépose une offrande, une sorte de porte bonheur, ou un papier qui exprime des vœux, sur un grand bûcher. Tout cela sera brûlé au cours de la nuit :


Noriko dépose aussi son offrande. Est-ce qu’on lui fait remarquer qu’en tant que pompier, c’est quand même étrange de vouloir alimenter le feu ?


Mais pas d’inquiétude, pour chaque fête de ce genre, il y a toujours quelques seaux d’eau prêts à l’emploi en cas de départ d’incendie :

Nous n’irons pas au temple, car il y a déjà beaucoup de monde. Il faut imaginer l’ambiance : sons de flûte ancestrale, marches lentes au rythme grave des tambours qui résonnent dans l’air profond, résurgences du passé : les démons et mauvais esprits n’ont qu’à bien se tenir !


Comment chasser les mauvais esprits ?
C’est un double geste qu’il faut réaliser : Oni wa soto (dehors les démons !) et Fuku wa uchi (dedans le bonheur !). Ci-dessous, la figuration du bonheur que l’on accueille. Les démons arrivent en premier, et les dieux, le deuxième jour (donc aujourd’hui), arrivent pour les chasser.




Tout cela se finira à grand coups de saké (nihon-syu) !
Omikuji
Nous n’échappons pas au traditionnel Omikuji : il faut choisir au hasard une baguette, que l’on échange contre une prédiction. Si elle n’est pas satisfaisante, on peut l’accrocher à un arbre ou sur un portique pour qu’elle soit oubliée :

Cette année, nous avons tous les deux (Masami et Philippe) une très très bonne prédiction : Dai-kichi ( 大吉), on ne peut pas avoir plus favorable ! On va les garder avec nous, donc…

Retour en ville
Nous allons marcher pour rejoindre Kenji dans le restaurant de ses parents. C’est toujours agréable de déambuler dans cette vieille ville (quand il n’y a pas trop de monde), mille détails attirent l’attention !




Presque 50 ans mais toujours 16 dans la tête !


C’est l’année du serpent

Drôle de mélange !

Une ancienne loi publiée à la période Edo (sous le 3e shogunat Tokugawa, vers 1623) taxait la largeur des maisons (tous le 5,04 m). Kyoto – n’ayant pas été détruite pendant la guerre – conserve des stigmates de cet impôt avec des maisons très longues, et une toute petite façade donnant sur la rue. Ce n’est pas le cas de cet imposant monument :

Le parangon du temple shintoïste, à la nuit tombante.

En face, le musée historique de la ville de Kyoto (^)

Et nous voici réunis !
Une soirée chez les amis
C’est extrêmement rare de s’inviter les uns chez les autres au Japon, aussi apprécions-nous de passer ce moment chez Noriko et Kenji, avec leurs enfants, et le père de Noriko (85 ans !)



Dernière épreuve pour chassez le démon domestique : le ehoumaki. Il faut manger un makizushi entier, tourné vers un point cardinal bien précis (qui change tous les ans), sans parler ! Selon nos amis, c’est une fête un peu commerciale, mais l’économie japonaise en a-t-elle vraiment besoin pour faire vendre des suchis ? Pas sûr…

C’est surtout ce que l’on boit avec, qui est intéressant…


Retour tardif par le métro… Il y a école demain !



Coucou,
Merci pour ces superbes photos et les annotations qui nous font voyager avec vous, c’est vraiment intéressant 😀
Profitez bien !
Merci à vous tous pour vos commentaires ! Cela nous aide à nous sentir moins loin ! Grosses bises 😽
Bravo pour ses moments partagés. Nous sommes heureux de vous voir en pleine forme. Profitez bien de ces bons moments… et bon ski dans les prochains jours. On vous embrasse les 5B
On dirait chui au Japon 🥹merci infiniment pour partager 🙏